Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

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Entamoeba histolytica l.f.

Entamoeba histolytica

Protozoaire du genre Entamoeba, susceptible de parasiter l’intestin de l’Homme et de donner lieu à une infection, l’amibiase intestinale.

C’est la seule amibe pathogène pour l’Homme.

La forme végétative ou trophozoïte se présente sous deux stades: Entamoeba histolytica histolytica mobile, pathogène et hématophage qui se rencontre dans la paroi du gros intestin ainsi que dans des ulcérations intestinales et dans différents organes et, d’autre part, Entamœba histolytica minuta, non pathogène, de plus petite taille et située dans la lumière intestinale. La forme minuta, de 15 à 20 µm de diamètre, est assez peu mobile et présente des pseudopodes épais. Outre sa taille, elle se distingue d’ Entamoeba coli, après coloration, par son caryosome qui est presque toujours central. Le stade histolytica, d’un diamètre de 20 à 40 µm, a un ectoplasme hyalin bien distinct de l’endoplasme granuleux qui renferme de nombreuses hématies. Ce stade est très mobile, avec des pseudopodes rapidement formés. Son noyau périphérique est de petite taille et contient un seul caryosome central ou subcentral. Les kystes de petite taille (10 à 14 µm de diamètre) contiennent 4 noyaux.

Sous sa forme kystique qui a pu survivre dans le milieu extérieur pendant plusieurs semaines, le parasite est ingéré avec l’eau ou les aliments souillés. Dans le tube digestif les kystes donnent naissance aux trophozoïtes ou formes végétatives sous leur forme minuta, non pathogène mais se transformant en forme kystique, source de dissémination de l’infection.

Les formes minuta sont également susceptibles de se transformer en forme histolytica, hématophage, pathogène se fixant sur la muqueuse intestinale et provoquant les lésions ulcérées de l’amibiase intestinale. La forme histolytica peut enfin conduire à des localisations extra-intestinales, notamment hépatiques.

Bien que le préfixe ose soit recommandé par les conventions internationales, on continue de dire amibiase.

amibiase hépatique

Syn. Entamoeba dysenteriae

amibiase n.f.

Maladie parasitaire due à la présence dans l’organisme humain d’ Entamœba histolytica, la seule amibe digestive possédant un réel pouvoir pathogène chez l’Homme.

La contamination humaine résulte de l’ingestion de kystes apportés par des mains sales ou par de l’eau ou des aliments souillés, expliquant que la prévalence de cette infection cosmopolite soit plus élevée (jusqu’à 10% de la population) en régions chaudes et humides à faible niveau d’hygiène.

Ce parasite est responsable de troubles intestinaux (dysenterie) ou de diverses localisations viscérales, en particulier hépatiques.

L’amibiase infestation est définie par la présence asymptomatique d’ Entamœba histolytica dans la lumière colique sous sa forme végétative (trophozoïte) qui se transforme en kyste éliminé avec les selles. Selon le degré de pathogénicité des souches, la forme minuta peut se transformer en forme végétative histolytica, mobile, nécrosante et hématophage, envahissant la muqueuse colique, y créant des ulcérations, et, de là, diffusant à d’autres viscères, notamment le foie, plus rarement l’appareil pleuro-pulmonaire. Une amibiase maladie résulte de cette atteinte tissulaire et se traduit par des douleurs abdominales (épreintes coliques, ténesme anal), une diarrhée, une dysenterie, dans un contexte d’apyrexie (amibiase intestinale), ou par un gros foie douloureux et fébrile (abcès amibien du foie caractérisant l’amibiase hépatique). Le diagnostic se fait par la recherche de parasites dans les selles (amibiase intestinale) et des techniques d’immunologie ou d’imagerie (amibiase hépatique).

La localisation neurologique due à Entamœba histolytica est rare, voire exceptionnelle, et toujours liée à une amibiase intestinale. Le tableau clinique est celui d’un abcès encéphalique dont la nature est évoquée devant le contexte épidémiologique et les sérologies spécifiques positives, et affirmé grâce à l’examen anatomopathologique.

Le traitement utilise un amœbicide de contact pour l’amibiase infestation; amœbicide tissulaire suivie d’une cure d’ amœbicide de contact pour l’amibiase maladie.

Entamœba histolytica, dysenterie amibienne, amœbicide

Syn. amœbose

péril fécal l.m.

Risque de contamination humaine d’origine fécale par nombreux agents pathogènes bactériens (Salmonella, Shigella, Campylobacter, Escherichia coli, Vibrio cholerae), viraux (Enterovirus, virus de Norwalk, Rotavirus, virus de l’hépatiteA, etc.), parasitaires (Entamoeba histolytica, Giardia intestinalis, Toxocara, Isospora, Cryptosporidium, Ascaris, Echinococcus, Toxoplasma, etc.).