Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

65 résultats :

érythème n.m.

erythema

Lésion élémentaire cutanée caractérisée par une rougeur congestive, localisée ou diffuse, liée à une vasodilatation et disparaissant à la vitropression, observée dans un grand nombre de dermatoses dont elle représente parfois le symptôme majeur.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

anétodermie de Pellizzari l.f.

Pellizzari’s anetoderma

Forme clinique d’anétodermie dont le début est caractérisé par l’existence de papules urticariennes prurigineuses, qui évoluent ensuite vers une phase atrophique.

Étym. gr. anêtos : lâche; derma : peau

Syn. érythème ortié atrophiant de Pellizzari, anétodermie urticarienne

dermatose papuleuse et prurigineuse tardive de la grossesse l.f.

pruritic urticarial papules and plaques of pregnancy, PUPPP syndrome

Dermatose gravidique prurigineuse constituée d’éléments éruptifs maculaires, papulaires, vésiculaires ou bulleux.

Syn. érythème polymorphe gravidique, prurigo de la grossesse

dermite fessière syphiloïde de Sevestre et Jacquet l.f.

Jacquet’s erosive diaper dermatitis

Dermite fessière du nourrisson de moins de six mois, commençant par des lésions vésiculopustuleuses des convexités, devenant secondairement ulcéronécrotiques, probablement de nature infectieuse (staphylocoque doré, Candida albicans, entérobactéries).

Ces dernières lésions sont progressivement remplacées par des papules violacées de 2 à 3 mm de diamètre. Le traitement associe des soins antiseptiques et protecteurs, voire un antimycosique local et éventuellement une antibiothérapie générale. Les mêmes lésions ont été décrites chez la personne âgée incontinente.

L.A. Sevestre et L. Jacquet, médecins français

érythème fessier, dermite en W, dermite séboréique du nourrisson, dermite fessière syphiloïde de Sevestre et Jacquet, érythrodermie desquamative de Leiner-Moussous, napkin psoriasis

Syn. érythème papuloérosif syphiloïde de Sevestre et Jacquet

dermite en W l.f.

dermatitisW voire un antimycosique local et éventuellement une antibiothérapie générale. Les mêmes lésions ont été décrites chez la personne âgée incontinente.

L. Sevestre et L. Jacquet, médecins français

Syn. érythème papuloérosif syphiloïde de Sevestre et Jacquet

engelure n.f.

chilblain, perniosis

Réaction cutanée liée au froid et à l’humidité, caractérisée par des tuméfactions rouge violacé, lisses, douloureuses, atteignant les extrémités: doigts, orteils, talons, oreilles, nez.

Elles peuvent se compliquer de phlyctènes et d’ulcérations. Elles atteignent surtout les adolescentes, surviennent au début de l’hiver, favorisées par un terrain familial, une acrocyanose, une protection vestimentaire insuffisante, et disparaissent au printemps.

Étym. lat. in : à l’intérieur; gelare : geler

Syn. érythème pernio

erythema chronicum migrans l.m.

erythema chronicum migrans

Lésion cutanée annulaire d’évolution centrifuge caractéristique du stade initial de la maladie de Lyme, non ou peu prurigineuse, en règle unique, survenant trois à trente jours après une morsure de tique, dont la trace peut persister au centre ou en périphérie.

Les signes généraux sont inconstants. La guérison est spontanée en quelques semaines. Un erythema chronicum migrans plus petit, multiple, peut être observé au cours de la phase secondaire. L’image histologique, peu spécifique, comporte un infiltrat lymphoplasmocytaire périvasculaire, mais avec présence de spirochètes à la coloration de Warthin-Starry ou décelés par PCR.

A. Afzelius, dermatologue suédois (1910 et 1921) et B. Lipschütz, dermatologue autrichien (1931); A.S. Warthin et A.C. Starry, anatomopathologistes américains (1920)

Lyme (maladie de)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

Syn. érythème chronique migrateur d’Afzelius-Lipschütz

erythema figuratum perstans de Wende l.m.

erythema figuratum perstans

Variété d’érythème annulaire de nature inconnue, à zone centrale finement squameuse et pigmentée et à bordure centrifuge lisse et surélevée sur son versant interne mais squameuse sur son versant externe, pouvant persister toute la vie en se modifiant sans cesse mais sans jamais disparaître complètement.

G. Wende, dermatologue américain (1908)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau )

Syn. érythème figuré persistant, érythème de Wende

érythème a calore l.m.

erythema ab igne

Erythème cutané lié à l’exposition à une source d’infrarouges, qui peut être brutale et aigüe ou chronique.

Dans a forme aigüe, il correspond à une bûlure le plus souvent du premier degré, érythème douloureux succédant à un contact brutal avec le feu, un corps ou un liquide chaud. L’érythème chronique ab igne, devenu rare dans sa forme classique, atteint le plus souvent la face antéro-interne des jambes et des cuisses des femmes après exposition chronique à la chaleur.

De disposition souvent réticulée, il évolue progressivement vers une hyperpigmentation. L’érythème ab igne peut être dû à une exposition à la chaleur, occupationnelle ou professionnelle: il est le plus souvent localisé à la face et aux membres supérieurs (fondeurs, boulangers, souffleurs de verre, etc.). La responsabilité des seuls infrarouges dans la survenue de carcinomes cutanés sur l’érythème a calore est discutée du fait d’une exposition concomitante à d’autres substances carcinogènes tels que les goudrons.

dermite des chaufferettes, pigmentation des chaufferettes

Étym. gr. érythêma : rougeur de la peau; lat. calor : chaleur

érythème actinique l.m.

sunburn

Dommage cutané induit par l’action du rayonnement solaire qui, selon l’intensité de l’exposition, varie du simple érythème rosé à un érythème cyanique œdémateux douloureux avec desquamation et pigmentation durable, voire à la formation de phlyctènes avec altération de l’état général.

Histologiquement l’érythème actinique est caractérisé par l’existence de cellules photodyskératosiques épidermiques. Les rayons ultraviolets, A et B, sont, dans le spectre de la lumière naturelle, les plus érythémogènes dans leur longueur d’onde maximale. Il s’agit d’une réaction phototoxique induite par l’interaction des ultraviolets avec les structures cutanées, de mécanisme discuté, et pouvant varier en fonction du type de rayons ultraviolets impliqués.

Étym. gr. érythêma : rougeur; aktis : rayon

Syn. coup de soleil, érythème solaire

érythème annulaire centrifuge l.m.

erythema annulare centrifugum

Dermatose définie cliniquement par la présence de lésions annulaires pouvant atteindre plusieurs centimètres de diamètre, dont la bordure érythémateuse progresse lentement de façon centrifuge laissant une partie centrale qui guérit progressivement.

L’aspect histologique n’est pas spécifique. Cet aspect peut révéler un erythema gyratum repens, un érythème marginé discoïde de Besnier, ou encore un érythème chronique migrateur: il y a dans ce dernier cas une seule lésion. L’étiologie en reste souvent inconnue. On parle d’érythème annulaire de Darier lorsqu’il y a plusieurs éléments et que la bordure des lésions est érythémateuse et infiltrée.

F. Darier, dermatologue français, membre de l’Académie de Médecine (1916); E. Besnier, dermatologue français, membre de l4académie de Médecine (1831-1909)

erythema gyratum repens , érythème marginé discoïde de Besnier, érythème chronique migrateur

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau; lat. annulus : anneau

érythème chronique migrateur l.m.

migrans chronicum erythema

erythema chronicum migrans

érythème de Colcott Fox   l.m. [O1]

Erythème annulaire de l’enfant débutant peu après la naissance.

Ce type clinique figuré est d’autonomie discutable et pourrait correspondre à une forme clinique de psoriasis ou de lupus néonatal.

T. Colcott Fox, dermatologiste britannique (1891)

Syn. erythema gyratum perstans de Colcott-Fox

érythème des chaufferette s l.m.

erythema ab igne

érythème a calore

érythème du neuvième jour l.m.

erythema of the ninth day

Manifestation la plus fréquente de l’allergie médicamenteuse cutanée apparaissant en moyenne entre cinq et quinze jours après le début du traitement, pouvant revêtir différents aspects (tels qu’une éruption morbilliforme, roséoliforme ou scarlatiniforme, parfois réticulée, livédoïde ou purpurique), dont aucun n’est spécifique de l’étiologie médicamenteuse, mais qui parfois possèdent quelques caractères évocateurs: absence d’atteinte muqueuse, respect du visage, aspect polymorphe, prurit quasi-constant.

L’exanthème disparaît en une à deux semaines après l’arrêt du médicament. Les récidives sont fréquentes en cas de réintroduction du médicament, avec parfois des tableaux beaucoup plus sévères.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

érythème exsudatif multiforme l.m.

erythema multiform

érythème polymorphe

érythème fessier l.m.

diaper dermatitis, napkin dermatitis

Dermite du siège du nouveau-né et du nourrisson résultant d’une agression multiple (selles, urines, occlusion et frottement par les couches, flore microbienne) et dont il existe différents aspects.

Sevestre et Jacquet, pédiatres français (1886-1887); C. Leiner, pédiatre autrichien (1908); A. Moussous, pédiatre français (1857-1926)

dermatite séborrhéique du nouveau-né, dermite fessière syphiloïde de Sevestre et Jacquet, érythrodermie desquamative de Leiner-Moussous, napkin psoriasis, dermite en W

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

Syn. dermite du siège

érythème induré de Bazin l.m.

erythema induratum or indurativum, tuberculosis cutis indurativa, Bazin’s disease, nodular vasculitis

Hypodermite chronique bilatérale des membres inférieurs évoluant parfois vers l’ulcération, se manifestant par des lésions violacées, peu douloureuses, peu inflammatoires.

L’image histologique est celle d’une hypodermite septale avec un infiltrat tuberculoïde, mais sans bacilles acido-alcoolo-résistants. La nature tuberculeuse de l’affection est discutée.

E. Bazin, dermatologue français (1852)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

Syn. scrofulides érythémateuses (obsolète)

érythème lupique l.m.

lupic erythema

Manifestation cutanée la plus fréquente et la plus caractéristique du lupus érythémateux disséminé.

L’érythème cutané lupique est soit localisé au visage où il a une disposition caractéristique en ailes de papillon (vespertilio) ou en morsure de loup (lupus), soit périphérique et alors fait de lésions banales à type de papules érythémateuses disséminées sur les bras et les jambes, laissant place, à sa disparition, à des zones de dépigmentation. Aux doigts les lésions prennent un aspect érythématosquameux respectant la peau située en regard des articulations.

lupus érythémateux disséminé

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

érythème marginé aberrant de Marfan l.m.

Marfan’s absurd erythema

Éruption habituellement d’origine médicamenteuse faite de plaques érythémateuses plus ou moins ortiées, à disposition circinée, s’agrandissant en périphérie tandis que leur centre pâlit puis disparaît.

Il s’agit en fait d’une variété symptomatique d’urticaire.

A.B. Marfan et H. Lemaire, pédiatres français (1907)

urticaire

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

érythème marginé de Besnier l.m.

erythema marginatum of Besnier

Éruption cutanée érythématopapuleuse non prurigineuse observée au cours du rhumatisme articulaire aigu.

L’éruption siège sur le tronc, les fesses et la racine des membres. L’extension se fait de manière centrifuge et les plaques peuvent confluer. Les lésions apparaissent en quelques heures et la pression les fait disparaître. Survenant à la phase précoce de la maladie, elles sont souvent associées aux atteintes cardiaques.

E. Besnier, dermatologue français (1831-1909)

rhumatisme articulaire aigu

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

érythème marginé discoïde de Besnier l.m.

erythema annulare rheumaticum

Éruption cutanée siégeant sur le tronc, formée de plaques érythémateuses arrondies s’étendant de manière centrifuge avec une bordure périphérique plus marquée et réalisant un aspect clinique d’érythème annulaire centrifuge.

Elle apparaît assez rarement, et d’une façon fugace, au cours de certaines crises graves de rhumatisme articulaire aigu.

E. Besnier, dermatologue français (1831-1909)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

Syn. érythème annulaire rhumatismal, érythème marginé rhumatismal

érythème mercuriel l.m.

erythema induced by exposure to mercury

Secondaire à l’application de pommades ou de désinfectants contenant du mercure, érythème d’apparition brusque, rouge-vermillon, parfois ponctué de points hémorragiques, disposé en nappes sur les plis, les faces latérales du cou, la région périombilicale et les flancs, sur lequel surviennent secondairement de très petites pustules blanc-laiteux se rompant en quelques jours pour laisser des croûtelles.

L’évolution, le plus souvent bénigne, se fait vers la formation d’une pigmentation résiduelle; quelques rares formes peuvent s’accompagner d’une néphrite mercurielle, surtout lorsque des préparations contenant du mercure et de l’iode ont été appliquées simultanément. La manipulation, professionnelle ou non, de mercure a pu être rendue responsable de certains cas d’érythème mercuriel.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

érythème morbilliforme l.m.

morbilliform eruption

Érythème en petites nappes non confluentes, non ou à peine en relief, laissant des intervalles de peau saine, dont la forme typique est la rougeole, mais s’observant également dans d’autres maladies éruptives virales telles que rubéole, HHV 6, entéroviroses et au cours d’allergies médicamenteuses.

rougeole, rubéole, HHV 6

Étym. gr. eruthêma : rougeur; lat. morbus: maladie

érythème nécrolytique migrateur l.m.

necrolytic migratory erythema

Érythème migrateur rouge sombre et volontiers érosif, à évolution centrifuge et touchant de façon privilégiée les extrémités des membres, les régions périorale et périgénitale, représentant le signe clinique capital du glucagonome.

Le diagnostic différentiel se fait avec l’acrodermatite entéropathique. Le mécanisme physiopathologique en est discuté, mais il est probablement en rapport avec un déficit en acides aminés, zinc ou acides gras essentiels.

D. Wilkinson, dermatologue britannique (1971)

acrodermatite entéropathique

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

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